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Dans mes propres mots : Troy Ryan

L’entraîneur-chef médaillé d’or se rappelle ses premiers pas au hockey féminin, raconte ce qui rend l’équipe nationale féminine si spéciale et parle du meilleur conseil qu’il a reçu

Troy Ryan
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23 septembre 2022
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Ma première implication au hockey féminin ne date pas d’hier. Il faut remonter à quand je jouais au hockey pour l’Université du Nouveau-Brunswick, au milieu des années 1990. Il n’y avait pas d’équipe au sein de l’université, mais il y avait un club de hockey féminin. De temps en temps, ce club avait besoin d’aide. Donc, pendant une brève période, alors que j’étais encore un joueur, je leur donnais aussi un coup de main dans un rôle d’entraîneur.

Après ça, j’ai amorcé ma carrière d’entraîneur au hockey masculin. Je me trouvais à Calgary au camp des moins de 17 ans de Hockey Canada. J’ai reçu un appel de Darren Sutherland, de Hockey Nouvelle-Écosse. Il voulait me dire qu’il y avait eu un changement de dernière minute derrière le banc de son équipe de hockey féminin en vue des Jeux d’hiver du Canada et il voulait savoir si j’avais une personne à lui recommander. Je pense que je lui ai suggéré trois noms, mais deux n’étaient pas disponibles et un n’avait pas d’intérêt pour ce poste. Il m’a rappelé pour me demander si je voulais accepter ce défi. J’ai sauté sur cette occasion et dirigé l’équipe aux Jeux d’hiver du Canada en 2015.

L’année suivante, ces filles se sont réunies et ont envoyé une lettre à Hockey Nouvelle-Écosse afin de proposer ma candidature pour un prix remis à un entraîneur ou à une entraîneuse… c’est moi qui l’a gagné. Je sais que ça fait un peu cliché, mais elles m’ont un peu eu par les sentiments. J’ai aussitôt eu la piqûre du hockey féminin.


C’est principalement en raison de la passion que ces femmes ont pour leur sport que j’aime diriger au hockey féminin. Aussi, elles sont de vraies professionnelles, donc l’aspect haute performance de mon rôle d’entraîneur est comblé. Elles consacrent essentiellement tout leur temps à leur art. Tout est une question de passion. La passion qu’elles ont pour le hockey, pour le fait de représenter leur pays, et pour chacune de leurs coéquipières… je n’ai jamais rien vu de tel dans ma carrière d’entraîneur. Ce sont des athlètes spéciales.

Chaque fois que je travaille auprès de l’équipe nationale féminine du Canada, je suis aux oiseaux. Côtoyer ces joueuses et membres du personnel, c’est plaisant au quotidien. Ce qui me stimule le plus dans mon rôle, c’est que je sais que ce groupe peut encore faire mieux. Nous avons effectué des pas de géant dans la bonne direction. Notre équipe est meilleure aujourd’hui qu’elle l’était hier. Les joueuses tiennent énormément au succès de leurs coéquipières et elles les vivent ensemble. Je pense quand même que nous pouvons apporter des améliorations, et si je n’y croyais pas, je ne ferais pas bien mon travail.

L’un des plus beaux aspects de mon rôle d’entraîneur avec cette équipe, c’est l’accès que j’ai à des choses que les autres ne peuvent voir. Comme quand j’ai une séance vidéo avec une athlète qui lui permet de franchir un obstacle et que je peux la voir réussir ensuite sur la glace. Ce petit regard qu’elle vous jette quand elle revient au banc après avoir accompli quelque chose dont vous avez discuté avec elle, ça veut tout dire. Ces moments sont très spéciaux pour moi. Les victoires et tout ça, c’est évidemment plaisant, mais souvent, elles nous font vivre davantage un soulagement que des émotions fortes. Ce sont tous les petits moments au fil de nos parcours que je retiens surtout.

J’ai un exemple des Jeux olympiques de Beijing… en raison de la COVID-19, ce sont les athlètes qui devaient mettre les médailles autour du cou de leurs coéquipières. C’était tellement unique et spécial. J’ai observé chacune de mes joueuses et pour chacune d’elle, j’avais une histoire qui me passait par la tête. Ça pouvait être un obstacle qu’une avait dû surmonter pour se retrouver là. Plusieurs d’entre elles n’avaient pas été choisies en vue du Mondial, et elles ont travaillé fort pour nous forcer à brasser nos cartes. J’ai vraiment décroché mentalement pendant ces cinq minutes de la cérémonie des médailles; je me remémorais de belles histoires de résilience que chacune de ces femmes avait dû affronter pour savourer ce moment. C’était une expérience vraiment cool de voir les joueuses recevoir une médaille d’or olympique à tour de rôle d’une de leurs équipières.

Mike Johnston m’a dirigé à l’Université du Nouveau-Brunswick. C’est inusité, parce qu’il est l’oncle de Rebecca Johnston. À mes débuts derrière le banc, il m’a dit de ne jamais oublier ma province, peu importe ce que j’allais accomplir au hockey. Plusieurs personnes oublient leur programme provincial quand elles ont leur première chance chez les M18 ou au hockey junior. J’admirais tellement Mike quand j’étais jeune, donc je me suis toujours assuré d’être là pour faire du bénévolat et aider si Hockey Nouvelle-Écosse faisait appel à mes services, peu importe mon poste au hockey. Si je n’avais pas dévié de mon parcours d’entraîneur au hockey junior ou au hockey universitaire, je n’aurais probablement jamais vécu les expériences auprès de mon membre provincial qui sont les plus bénéfiques pour moi dans mon rôle aujourd’hui. Des expériences comme la participation à des événements de courte durée, la collaboration avec des athlètes et entraîneurs de premier plan et l’acquisition d’expérience à l’échelle de la haute performance.

Il y a longtemps, on m’a donné ce conseil bien simple : sois à l’écoute des autres, même avec une équipe nationale. Certaines de nos athlètes ont participé quatre fois aux Jeux olympiques, d’autres espèrent faire partie de notre formation centralisée avant les Jeux, et d’autres encore visent un poste au championnat mondial. Comme entraîneur, il faut comprendre les différentes dynamiques au sein de l’équipe; au hockey féminin, ces dynamiques ont tendance à être bien différentes de celles au hockey masculin.

Quand j’ai commencé derrière le banc, l’une des questions typiques qu’on me posait, c’était d’expliquer la différence entre diriger des hommes et diriger des femmes. Plusieurs entraîneurs font l’erreur d’avoir une approche uniforme auprès de l’ensemble des membres de leur groupe. J’ai toujours trouvé que les bons entraîneurs ont une approche individuelle au lieu de collective pour diriger les athlètes qui composent leur équipe. Il faut prendre le temps de connaître ses athlètes, leurs objectifs et leurs ambitions. Maintenant, nous nous affairons à bâtir notre programme en vue de notre quête de la médaille d’or aux Jeux olympiques de 2026. Pour y arriver, nous devons suivre de près de multiples histoires individuelles en lien avec notre équipe. Ce sera pas mal mon point de mire au fil des premières années de ce cycle de quatre ans en vue de ces Jeux.

Pour plus d'informations :

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Responsable, communications
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Responsable, communications organisationnelles
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