2022  i w d  b c h kayla munro  s f u  f r main
© SFU Hockey

Munro fait sa place

Les plans universitaires de Kayla Munro ont pâti de la pandémie de COVID-19, mais la gardienne de but est retombée sur ses patins à l’Université Simon Fraser, marquant l’histoire au passage

Ryan Sinclair – BC Hockey
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14 mars 2022
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Les deux dernières années ont été tout sauf normales pour Kayla Munro. Comme celui de bien d’autres athlètes, le quotidien de la jeune gardienne de but a été chamboulé par la pandémie, les annulations de saisons et les restrictions. Trouver des façons de jouer au hockey est devenu un véritable défi.

Le parcours unique de cette jeune et talentueuse joueuse l’a menée à l’équipe de hockey masculin de l’Université Simon Fraser (SFU), faisant ainsi tomber des barrières.

« Je ne savais pas si j’allais avoir la chance de rejouer au hockey, confie-t-elle. Je suis reconnaissante de faire partie de l’équipe de SFU. »

Munro et son équipe ont connu une saison régulière 2021-2022 exceptionnelle dans la British Columbia Intercollegiate Hockey League (BCIHL), enregistrant une fiche parfaite de 12-0-0. Pour sa part, Munro a marqué l’histoire à quelques reprises. Elle s’est d’abord taillé une place dans l’histoire de la BCIHL en devenant la première femme à disputer un match préparatoire lorsqu’elle s’est amenée devant le filet pendant la troisième période d’un affrontement contre les Lakers de l’Okanagan, le 25 septembre 2021. Elle a offert une solide performance, bloquant 13 des 14 tirs dirigés vers elle. Munro a une fois de plus laissé sa marque le 16 octobre 2021, jour où elle est devenue la première femme à obtenir un départ dans un match hors concours de la BCIHL, aussi contre les Lakers.

« J’étais un peu nerveuse », raconte-t-elle au sujet de sa première présence sur la patinoire. « Honnêtement, je ne le voyais pas comme un événement marquant. J’étais nerveuse parce que je n’avais pas disputé de match en presque deux ans. Je n’ai pas joué l’année dernière à Syracuse, et l’année d’avant, j’étais sur la touche après une opération à l’épaule. J’ai travaillé avec un psychologue du sport et j’ai appris de bons trucs pour contrôler ma nervosité et en faire une force positive sur la glace. J’étais un peu nerveuse, oui, mais je me sentais bien préparée. »

Munro a réalisé son plus grand accomplissement à ce jour le 5 février 2022, lorsqu’elle est devenue la première femme à jouer dans un match de saison régulière de la BCIHL. La gardienne de 19 ans a pris la relève en troisième période dans un match contre les Lakers de l’Okanagan qui s’est soldé par une victoire de 8-5 de SFU.

Pour Munro, l’idée de départ n’était pas d’écrire une page d’histoire en s’alignant avec l’équipe de hockey masculin de SFU, bien au contraire. Elle visait la NCAA, un but ambitieux qu’elle semblait avoir atteint en acceptant une bourse d’études pour jouer au hockey à l’Université de Syracuse, à New York, en 2019.

« Ce n’était rien de moins qu’un rêve devenu réalité que d’obtenir une bourse à Syracuse, souligne la native de North Vancouver. Jouer dans la NCAA a toujours été mon but depuis que j’ai commencé à pratiquer le hockey. Selon moi, mis à part les Jeux olympiques, c’est l’un des plus hauts niveaux que l’on peut atteindre en hockey féminin. »

Le confinement et les bouleversements dans le monde du sport ont poussé Munro à changer ses plans et à rester à la maison avec sa famille plutôt que de jouer chez nos voisins du sud. Ce ne fut pas une décision facile à prendre, mais elle s’est sentie comprise et appuyée.

« J’ai passé à peu près un mois à Syracuse en 2020. On ne pouvait pas s’entraîner ni rien faire d’autre; on était confinées à nos logements. J’ai décidé de revenir à la maison pour des raisons familiales. Ce devait être pour un semestre seulement, mais j’ai finalement décidé de rester. L’entraîneur-chef à Syracuse, Paul Flanagan, a été très compréhensif. C’est quelqu’un d’incroyable. Il veut le meilleur pour nous, et il m’a dit de faire ce qui me rendrait heureuse et ce qui serait le mieux pour ma santé mentale. »

Une fois la décision prise de rester à la maison en Colombie-Britannique, Munro a commencé à chercher une université où poursuivre ses études. Elle voulait aussi trouver un endroit où jouer au hockey, ce qui n’était pas chose facile vu toutes les restrictions sanitaires.

« J’ai fait une demande d’admission à l’Université Simon Fraser et j’ai été acceptée », raconte-t-elle.

La question de l’école étant réglée, elle a commencé à évaluer ses options pour le hockey.

« J’ai regardé un peu partout. Même une ligue intramurale ou maison m’aurait suffi. Tout ce que je voulais, c’était de jouer. »

« J’ai découvert que SFU avait une équipe de hockey masculin, alors j’ai envoyé un courriel à l’entraîneur-chef, Mark Coletta, pour lui demander un essai. Je lui ai parlé un peu de moi, des équipes pour lesquelles j’avais joué et du niveau que j’avais atteint au hockey. Il m’a soutenu dès le départ. »

« Kayla se cherchait une équipe, se rappelle Coletta. Je lui ai dit qu’elle était la bienvenue pour un essai, et que si elle était assez bonne pour jouer, elle jouerait. Connaissant sa situation, on voulait lui donner sa chance. »

Après un essai et un camp d’entraînement fructueux, le nom de Munro a été inscrit au sein de la formation de SFU pour 2021-2022.

« Elle sait jouer au hockey, ajoute Coletta. Elle a une très bonne technique devant le filet, elle bouge bien. L’important était donc de s’assurer qu’elle s’adapte bien. »

Coletta est catégorique : Munro a été choisie pour la qualité de son jeu. Il voit l’athlète, et non son genre.

« Kayla est une personne fantastique, vante-t-il. Chaque jour, elle arrive prête à travailler et à jouer. »

Munro apprécie énormément le fait que Coletta la traite comme tous les autres.

« Il veut que son équipe soit composée des meilleurs effectifs, dit-elle. Homme ou femme, ça n’a pas d’importance. La première fois que nous nous sommes parlé au téléphone, il m’a dit que je jouais au hockey, point. J’ai trouvé ça gratifiant et inspirant. Je me suis vraiment bien sentie. »

Au fil des années, Munro a eu beaucoup de modèles positifs qui l’ont aidée en tant que joueuse et en tant que personne. Elle a d’abord rencontré Jeff Eaton lorsqu’elle jouait pour l’Avalanche de North Shore dans l’Association de hockey sur glace féminin North Shore.

« Deux entraîneurs m’ont vraiment marquée, confie-t-elle. Eaton s’impliquait beaucoup avec l’Avalanche de North Shore, il nous aidait à développer nos habiletés. J’ai eu la chance de joueur dans son équipe féminine junior, les Pacific Steelers. C’est l’une des personnes les plus calées en hockey que je connaisse, et on peut toujours compter sur son soutien. Eaton a vraiment notre succès à cœur, et c’est en grande partie grâce à lui si j’ai décroché une bourse à Syracuse. Il m’a appris tout plein de choses. »

« Il y a aussi eu Delaney Collins, mon entraîneuse lors de ma première saison avec le Rush de Fraser Valley dans la division M18 AAA. »

Après 95 parties et neuf médailles d’or avec l’équipe nationale féminine, Collins, une habituée de la ligne bleue canadienne dans les années 2000, a décidé de faire le saut et de passer de joueuse à entraîneuse. Outre l’expérience d’une feuille de route bien garnie, Collins a transmis à Munro un message qui résonne encore chez elle.

« Collins croit fermement en l’importance de la valorisation des femmes, remarque Munro. Nous méritons d’être vues comme des égales, dans le sport comme dans tout. Elle m’a appris à avoir confiance en moi. Elle m’a appris qu’il n’y avait rien de mal à être forte et musclée, qu’on n’était pas obligées d’être menues et délicates. Elle m’a aidée à définir qui j’étais comme gardienne de but et comme personne. Elle a vraiment été un modèle important pour moi. »

« Ça a été un charme de travailler avec Kayla, se rappelle Collins. Son énergie et son leadership étaient contagieux, et ses coéquipières pouvaient toujours compter sur une fière compétitrice. C’est une gardienne très athlétique et rapide, et elle manie la rondelle presque comme une défenseure. L’entraîner est un plaisir. C’est une personne exceptionnelle et un très bon modèle pour les jeunes filles. »

Après tout ce qu’elle a vécu au cours de deux dernières années, Munro sait pertinemment que ses plans peuvent changer en un rien de temps. Cela ne l’empêche pas de se fixer des objectifs.

« Je veux terminer mes études. C’est très important pour moi. C’est ça la prochaine étape. Puis, je veux me trouver un emploi tout en continuant, je l’espère, de jouer au hockey. Je suis reconnaissante de pouvoir jouer, parce qu’à un certain moment, j’ignorais si j’allais avoir la chance de le faire. »

Le passage de Munro à SFU l’aidera à perfectionner son jeu, mais aussi à acquérir des aptitudes de vie.

« Ça a été tout un ajustement pour elle, souligne Coletta. Le fait que Kayla ait été capable de s’adapter lui sera assurément utile après cette année. »

« Elle a travaillé fort et a pris un engagement envers nous. Elle était prête à voir beaucoup de glace ou à assumer le rôle d’auxiliaire. Elle fait tout ce qu’il faut pour être prête à être la gardienne de but partante au cours de l’année prochaine, que ce soit dans une équipe féminine ou masculine. »

Munro a su rester forte malgré les embûches.

« Ces dernières années, mon plus grand défi a été de rester motivée, confie-t-elle. Mais je suis extrêmement contente d’être là où j’en suis aujourd’hui. Contente, et fière. »


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