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Récit d’un bénévole aguerri

Depuis près de cinquante ans, Joe McColeman soutient la communauté du hockey dans le nord de l’Ontario en occupant différents rôles

Lindsay Morell
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19 April 2021

Bénévole de longue date, Joe McColeman, qui a dirigé sa première équipe il y a plus de 45 ans, a fini par se retrouver derrière le banc des équipes de hockey de ses fils. Mais ce n’était que le début. Même si ses garçons ont terminé leur hockey mineur il y a plus de 25 ans, Joe est toujours au cœur de l’action quand il est question de hockey à Sudbury.

Il a porté de nombreux chapeaux au fil des ans : entraîneur, administrateur et (aujourd’hui) président de la Ligue de hockey mineur Nickel District. Il a aussi fait du bénévolat pour d’autres événements, comme les Jeux olympiques spéciaux et la Campagne du coquelicot de la Légion royale canadienne. En outre, il a récemment été responsable du fonctionnement et des bénévoles pour la Coupe TELUS 2018, le Championnat national des clubs de M18 du Canada.

S’il y a bien une référence en matière de bénévolat, c’est Joe McColeman. Il a partagé ses réflexions sur cette activité et les gestes que nous pouvons tous poser pour inciter davantage de personnes à s’intéresser au hockey.

Pour Joe, la gestion de la Ligue de hockey mineur Nickel District se veut un travail fait par amour, et l’on constate rapidement à quel point le hockey fait désormais partie intégrante de sa vie. Dans le cadre de son rôle, il planifie les horaires, il organise les tournois et les éliminatoires et, surtout, il assiste à des matchs de hockey.

« Chaque année, nous voulons que les enfants soient heureux », répond-il lorsqu’on lui demande ce qui le motive à rester fidèle au rendez-vous saison après saison.

Parmi les autres aspects positifs, il souligne les amitiés nouées chaque saison, que ce soit avec les enfants, les parents, les entraîneurs et les administrateurs bénévoles. Au-delà de l’idée de redonner, Joe souhaite participer à l’essor du hockey pour en faire un sport qui met toujours plus d’accent sur la compétition, le développement et le plaisir.

En 1975, il a obtenu son premier poste d’entraîneur. Il avait alors 19 ans. Il s’agit selon lui du groupe d’âge à cibler pour former la prochaine génération de bénévoles dévoués au hockey. « Les jeunes hockeyeurs veulent s’impliquer et aider par passion pour leur sport », explique-t-il. « Le bénévolat est extrêmement gratifiant, que ce soit au hockey ou pour la Croix Rouge. »

En plus de 45 ans de bénévolat, Joe a accumulé d’innombrables souvenirs marquants. Il se remémore notamment avec grand plaisir ses récents succès à titre de responsable du fonctionnement pour la Coupe TELUS 2018, qui s’est déroulée à Sudbury.

« C’était un engagement prenant », révèle-t-il. « Tout le monde au sein de l’équipe de direction avait un rôle important à jouer. »

Il a misé sur l’aide de nombreux bénévoles pour assurer la tenue de cet événement majeur. « Ça demande beaucoup de travail, mais le jeu en vaut la chandelle », dit-il. « On en tire une grande satisfaction. C’est bien de s’impliquer. »

Au hockey mineur, tout repose sur les bénévoles. Joe McColeman est le cœur de la Ligue de hockey mineur Nickel District. Bon nombre de saisons et de tournois de la ligue sont le fruit de son travail acharné et de sa détermination. L’Association de hockey du nord de l’Ontario tient à l’honorer pour tout ce qu’il a apporté au hockey.

Jamie Keeley.

Maman, entraîneuse et leader au hockey

Passionnée et désireuse d’aider les femmes à prendre confiance derrière le banc, Jamie Keeley a ouvert les possibilités au sein de son association, à Calgary et dans toute l’Alberta

Jason La Rose
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05 July 2024

Le parcours de Jamie Keeley comme entraîneuse au hockey mineur a commencé comme celui de bien d’autres parents au Canada qui souhaitent accompagner leur enfant dans le monde du hockey.

« C’est en voyant mon fils sur la glace que j’ai eu envie d’être là avec lui pour qu’on vive ça ensemble et de l’aider à apprendre », se souvient la principale intéressée.

C’était il y a presque six ans.

Aujourd’hui, Keeley est la lauréate nationale du Prix des entraîneuses BFL CANADA dans le volet communautaire et la créatrice d’un florissant programme de développement des entraîneuses au sein du Club de hockey des Knights à Calgary.

« Il est important que les femmes réalisent qu’elles ont beaucoup à offrir et que ce qu’elles ont à offrir est reconnu et apprécié », dit Keeley à propos de la reconnaissance de BFL CANADA. « Et c’est la visée de ce prix, il met en lumière le fait que nous en sommes capables. Nous y sommes maintenant. Continuons à ouvrir la voie et à briser des plafonds de verre, c’est merveilleux. »

Petite, Keeley a évolué à la ringuette et a aussi joué au hockey quand le nombre de joueurs dans sa collectivité du nord de la Saskatchewan était insuffisant pour compléter la formation de l’équipe masculine. Elle n’avait jamais vraiment songé à devenir entraîneuse avant que son fils fasse ses débuts au hockey avec les M7 Timbits, à l’automne 2018.

La saison suivante, elle n’a pas été sélectionnée pour entraîner chez les M9. Elle est donc revenue à ses premières amours et a rejoint l’Association de ringuette Bow View à titre d’entraîneuse adjointe et d’entraîneuse-chef chez les M10 et les M12.

« J’ai beaucoup appris et j’ai gagné la confiance dont j’avais besoin pour revenir au hockey et contribuer à changer les choses », dit-elle à propos de ses trois saisons auprès de Bow View.

Keeley évoque souvent ce processus, elle qui a passé ces années à observer d’autres personnes derrière le banc, à veiller à bien s’entourer, à bâtir son réseau et ses appuis, à se doter d’outils et apprendre à entraîner dans le volet compétitif.

Elle en retient surtout qu’on n’y arrive pas en faisant cavalier seul.

« Selon moi, ce qui détermine la réussite d’une personne en entraînement, c’est sa capacité de s’entourer de personnes qui ont des habiletés dont elle-même ne dispose pas encore. Je m’assure donc toujours d’avoir une équipe bien équilibrée formée de personnes desquelles je peux apprendre et qui peuvent compenser mes lacunes. »

À l’amorce de la saison de hockey 2022-2023, Keeley était prête à s’impliquer auprès de l’équipe de son fils chez les M11.

Mais elle n’est pas revenue au hockey les mains vides. En plus des compétences acquises avec Bow View, Keeley est arrivée en proposant un programme de développement en entraînement destiné aux femmes.

« Le programme ne visait pas simplement à donner aux femmes les outils dont elles ont besoin pour diriger une équipe. Il faut d’abord avoir confiance en soi pour lever la main, proposer sa candidature et croire qu’on a quelque chose à offrir. Le programme visait essentiellement à inciter les femmes à se porter volontaires et à les aider à gagner la confiance de sauter sur la glace.

« L’un des objectifs était de veiller à ce qu’il y ait des femmes dans des rôles de premier plan pour garder les filles dans le sport, car c’est important. On se doutait qu’en voyant des personnes du même sexe qu’elles exercer leur leadership sur la glace, les filles voudraient peut-être rester impliquées au hockey. »

L’association a sauté sur la proposition, et Keeley est allée de l’avant.

« J’ai commencé par organiser une première séance sur glace, et 12 femmes se sont inscrites et sont venues. Il s’agissait avant tout de leur présenter le programme.

« J’avais réservé la glace pour une heure et demie, mais je pense que nous y avons été 20 minutes. Nous avons essentiellement discuté afin de savoir si ça leur convenait vraiment et si elles avaient la confiance nécessaire pour se lancer, de leur expliquer à quoi ça ressemblerait si elles étaient sélectionnées pour être sur la glace avec leur enfant. C’était incroyable d’entendre ces femmes parler de défis, d’obstacles et de barrières, et pour moi qui lançais ce programme, d’être en mesure de leur offrir cet espace pour discuter ouvertement et librement, ce qu’elles n’avaient nulle part ailleurs. »

Ce qui devait initialement être une initiative locale s’adressant aux femmes du programme des Knights s’est rapidement transformé en quelque chose de beaucoup plus important, à la grande joie de Keeley.

Une formation a par la suite été créée avec l’aide de Hockey Alberta – le premier stage Entraîneur 2 de la province réservé aux femmes.

« J’ai commencé par ouvrir les inscriptions au stage au groupe local qui avait manifesté de l’intérêt, puis nous avons décidé de les étendre à toute la province. C’est ainsi que, par un jour de novembre bien enneigé, 24 femmes venant de partout en Alberta se sont réunies dans une salle. Nous avons suivi les quatre heures de cours, puis le lendemain, nous nous sommes retrouvées pour sept autres heures.

« C’est là que le réseau s’est formé. Beaucoup d’entre nous avons gardé contact. Nous échangeons des courriels, et lorsqu’un événement s’adresse aux entraîneuses, nous veillons à relayer l’information et à y assister. »

Lors de cette première saison, on comptait neuf femmes derrière le banc des Knights. En 2023-2024, ce nombre est passé à 14, soit 2 entraîneuses-chefs et 12 adjointes.

Keeley a organisé une réunion de début de saison en septembre pour enseigner aux entraîneuses à préparer un plan saisonnier et à élaborer des plans d’entraînement. Par la suite, elle a fait le point régulièrement avec chaque entraîneuse du programme en les aidant à surmonter les difficultés et en veillant à ce que l’expérience leur soit bénéfique.

Elle travaille toujours en étroite collaboration avec Hockey Calgary et participe à des occasions d’apprentissage continu réservées aux entraîneuses, par exemple des séances de développement sur glace et hors glace.

Mais son rôle le plus important demeure celui de mère, et peu de choses lui procurent plus de joie que de participer au hockey avec son fils. Cette saison, Keeley a dirigé l’équipe de niveau 4 des M13.

« Je lui demande toujours s’il veut que j’entraîne », dit-elle à propos de son fils. « Je le faisais même pour mon implication comme entraîneuse sans enfant à la ringuette, car ça me demandait du temps loin de lui. Je m’assurais d’obtenir son accord.

« Quand j’étais avec l’équipe M12 AA, au printemps 2022, je devais souvent m’absenter. Nous étions sur la glace cinq fois par semaine. Pour la première fois, il m’a dit qu’il s’ennuyait de moi et m’a demandé d’être son entraîneuse.

« Nous sommes en train de remplir notre dossier d’inscription pour la saison à venir, qui sera sa deuxième année chez les M13. Quand il m’a demandé si j’allais entraîner l’équipe, j’ai voulu savoir si lui avait envie que je m’implique, et il m’a répondu que je pourrais diriger son équipe aussi longtemps que je le voudrai. Donc oui, je vais de nouveau soumettre ma candidature pour être entraîneuse. »

C’est une grande chance pour le fils et l’association que de bénéficier de ce que Keeley a à offrir.

Mais elle-même vous dira bien humblement le contraire – que c’est elle qui a de la chance et qui bénéficie de ce que les jeunes peuvent lui offrir.

« J’ai vécu des expériences extraordinaires sur la glace et ailleurs auprès de ces équipes, et j’ai beaucoup appris. Il y a tant de choses que l’on peut apprendre quand on s’arrête et qu’on tend l’oreille, c’est incroyable. Et les jeunes nous font toujours sourire. »

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Shakita Jensen.

Redonner comme entraîneuse

Profondément marquée par ses anciennes entraîneuses, Shakita Jensen a toujours su qu’elle voudrait s’impliquer, ce qu’elle fait en œuvrant à son tour derrière le banc dans sa ville natale

Shannon Coulter
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04 July 2024
Pour Shakita Jensen, prendre place derrière le banc d’Équipe Territoires du Nord-Ouest aux Jeux d’hiver de l’Arctique 2024 venait boucler la boucle, en quelque sorte.

Il faut savoir qu’elle avait elle-même été du tournoi en Alaska comme joueuse en 2014. Et voilà qu’une décennie plus tard, à l’âge de 26 ans, elle y était à nouveau. Cette fois comme entraîneuse.

« C’était un moment chargé d’émotions », soutient Jensen, lauréate nationale du Prix des entraîneuses BFL CANADA dans le volet compétitif.

Issue de la Première Nation de Tahltan, Jensen a fait ses débuts comme bénévole en 2014, sur la glace, au sein de l’Association de hockey mineur de Yellowknife. Elle poursuit depuis son parcours en entraînement, toujours animée de la même passion, du même désir de s’impliquer.

« La communauté du hockey m’a tant apporté, je me devais de redonner comme je le pouvais. Après mes études, j’ai eu l’idée de m’essayer comme entraîneuse, question de voir si ça pouvait me plaire. Pas besoin de vous le dire, j’ai eu la piqûre dès les premiers instants. »

Comme joueuse, Jensen a pu s’inspirer de ses entraîneuses. Des femmes qui ont eu une grande influence sur elle et qui lui ont en quelque sorte ouvert les yeux sur un monde de possibilités.

« Jouer pour la première fois sous les ordres d’une femme, c’était super. Ça m’a donné envie de me lancer dans l’entraînement. Plus jeune, j’étais parfois la seule fille de mon équipe. On voyait rarement des femmes derrière le banc. Mes premières entraîneuses, je les trouvais tellement inspirantes. J’ai voulu suivre leurs traces. »

Servir de modèle et de leader pour les jeunes de sa communauté a aussi été une grande source de motivation pour Jensen. C’est ce qu’elle cherchait à travers l’entraînement.

« Comme joueuse, j’ai eu tellement d’entraîneuses et d’entraîneurs marquants. C’est un rôle si important, qui permet aux jeunes de tirer des enseignements qui auront un impact durable non seulement sur la glace, mais dans toutes les sphères de leur vie. Un rôle dans lequel je sentais que j’avais beaucoup à offrir. Je voulais être une présence dans la vie des jeunes. »

Shakita Jensen coaching Team NWT at a One For All practice.

Pour ses débuts en tant qu’entraîneuse-chef, Jensen était tout simplement au bon endroit au bon moment. Comme il manquait d’entraîneurs et d’entraîneuses dans son association, on lui a demandé si le rôle l’intéressait. Il faut dire que Jensen avait déjà soumis sa candidature, mais seulement pour donner un coup de main sur la glace.

« J’ai dû apprendre sur le tas, mais j’ai toujours gardé confiance en moi. J’ai demandé conseil auprès d’anciens entraîneurs et entraîneuses pour que je puisse aider l’équipe à connaître une bonne saison. Je crois que ça m’a bien servie. »

Jensen avait également soumis sa candidature pour faire partie du personnel entraîneur d’Équipe Territoires du Nord-Ouest aux Jeux d’hiver du Canada 2023, mais n’avait pas été sélectionnée. On lui avait toutefois suggéré de se tourner vers le Programme d’apprentis entraîneurs autochtones offert par le Cercle sportif autochtone.

« Ils choisissaient un homme et une femme pour tout le territoire, tous sports confondus. Je savais que mes chances étaient minces. J’ai sauté de joie en apprenant que j’étais retenue. »

Grâce au programme, Jensen a pu assister aux Jeux d’hiver du Canada de l’année dernière à l’Île-du-Prince-Édouard et travailler avec Équipe Territoires du Nord-Ouest à l’approche du tournoi. Elle est ensuite devenue entraîneuse adjointe de l’équipe pour les Jeux d’hiver de l’Arctique 2023, avant d’être promue entraîneuse-chef pour l’édition 2024.

« Ça m’a ouvert bien des portes. C’était génial de voir la progression de l’équipe. Sans compter que j’ai acquis au passage les outils et les ressources nécessaires pour bien préparer notre groupe. »

Dans ce rôle d’entraîneuse-chef d’Équipe Territoires du Nord-Ouest, il est parfois difficile de gérer les horaires, puisque les joueuses vivent souvent éloignées les unes des autres. Les occasions de tenir des entraînements complets se font parfois rares avant le début des compétitions.

« Avec une équipe aussi dispersée, ce n’était pas évident de bâtir une culture d’équipe et de peaufiner nos stratégies en vue d’un tournoi de la haute performance de courte durée. Certaines membres de l’équipe vivent dans des communautés accessibles par avion seulement, d’autres doivent composer avec des obstacles financiers. Le fait d’avoir gardé contact virtuellement à l’approche des Jeux nous a aidées énormément. »

Cette année, l’équipe de Jensen a eu l’occasion de participer à un autre événement d’envergure, à savoir la célébration Ensemble pour elles tenue en février à Yellowknife. Elles sont plus de 300 à avoir pris part à l’événement d’une durée de quatre jours, qui se voulait une célébration du hockey féminin et qui proposait des activités d’initiation au hockey, des séances de développement des habiletés sur glace, des stages en entraînement, et plus encore.

Pour l’occasion, Équipe Territoires du Nord-Ouest et Équipe Nunavut se sont réunies pour des entraînements et un affrontement hors concours.

« Ce fut un succès sur toute la ligne », relate Jensen, qui était de l’événement à titre de bénévole. « Des jeunes qui enfilaient l’équipement de hockey pour la toute première fois, côtoyant d’autres qui étaient en fin de parcours au hockey mineur. C’était super d’y contribuer. J’espère que ça deviendra un rendez-vous annuel. »

Apprendre qu’elle était la lauréate du Prix des entraîneuses BFL CANADA pour Hockey Nord dans le volet compétitif a eu l’effet d’un choc pour Jensen.

« J’ai vraiment été étonnée. J’ai ressenti tant de fierté, tant de reconnaissance. »

Jensen ne savait trop si elle avait le bagage nécessaire pour rivaliser avec les candidates provinciales et territoriales de choix de partout au pays. Puis, il y a eu cet appel vidéo de Cassie Campbell-Pascall pour féliciter les lauréates nationales. Là encore, elle n’en revenait pas.

« Il n’y a pas de mots pour le décrire », dit-elle sur ce qu’elle a ressenti en apprenant la nouvelle. « Il y a tant d’entraîneuses remarquables qui ne reçoivent pas toujours la reconnaissance qu’elles méritent pour le travail qu’elles accomplissent. Je suis très fière de moi, mais aussi de chacune de ces femmes aux quatre coins du pays qui en font tant pour le hockey féminin. »

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Cayden Lindstrom at the 2024 NHL Draft (left) and on ice at the 2023 Hlinka Gretzky Cup (right).

Des anciens s’illustrent à Vegas

Cinquante-trois anciens de la Coupe Hlinka-Gretzky ont été sélectionnés au repêchage 2024 de la LNH, dont Cayden Lindstrom au 4e rang

Jason La Rose
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03 July 2024

De nombreux anciens de la Coupe Hlinka-Gretzky ont enfilé un chandail de la LNH pour la première fois lors du repêchage 2024 de la LNH. Sur les 53, 10 provenant de quatre pays ont été sélectionnés en première ronde à la Sphère de Las Vegas.

Le premier d’entre eux, Cayden Lindstrom, a été sélectionné au quatrième rang. À la Coupe Hlinka-Gretzky 2023, il avait marqué deux buts (dont un au match pour la médaille d’or) et avait obtenu une mention d’aide en cinq matchs pour le Canada, qui a remporté une 24 e médaille d’or à cette édition du tournoi estival des M18.

Au total, trois des neuf premiers joueurs sélectionnés et six des vingt premiers étaient des anciens du tournoi, et six pays ont été représentés.

Canada – 17

Cole Beaudoin, Berkly Catton, Ben Danford, Sam Dickinson, Charlie Elick, Carter George, Liam Greentree, Tanner Howe, Ollie Josephson, Ryerson Leenders, Cayden Lindstrom, Maxim Massé, Henry Mews, Zayne Parekh, Justin Poirier, Ryder Ritchie, Carson Wetsch

Finlande – 10

Emil Hemming, Aron Kiviharju, Markus Loponen, Julius Miettinen, Niilopekka Muhonen, Heikki Ruohonen, Joona Saarelainen, Kim Saarinen, Veeti Väisänen, Eemil Vinni

Tchéquie – 9

Dominik Badinka, Ales Cech, Maxmilian Curran, Jakub Fibigr, Adam Jecho, Adam Jiricek, Ondrej Kos, Jakub Milota, Petr Sikora

États-Unis – 8

Trevor Connelly, Joe Connor, Tanner Henricks, Adam Kleber, Tory Pitner, AJ Spellacy, Mac Swanson, Will Zellers

Suède – 6

Alfons Freij, Gabriel Eliasson, Linus Eriksson, Melvin Fernström, Lucas Pettersson, Leo Sahlin Wallenius

Suisse – 3

Christian Kirsch, Leon Muggli, Basile Sansonnens

Le total pour le Canada comprend 16 membres de l’équipe qui a remporté l’or à Breclav et à Trencin l’été dernier (sur les 17 qui étaient admissibles au repêchage), dont le capitaine de la formation, Berkly Catton. Choix de première ronde de Seattle (huitième au total), Catton avait marqué huit buts en cinq matchs, ce qui le place au deuxième rang de l’histoire du tournoi estival des M18 à ce chapitre pour un Canadien. Il avait aussi terminé en tête des pointeurs du tournoi, avec 10 points (8-2—10), à égalité avec l’Américain Trevor Connelly (5-5—10, repêché en première ronde au 19 e rang par les Golden Knights de Vegas) et le Tchèque Adam Benak (qui n’est pas admissible au repêchage avant 2025). Cinq des dix meilleurs pointeurs de la Coupe Hlinka-Gretzky 2023 ont été repêchés cette année.

La Coupe Hlinka-Gretzky 2024 se déroulera du 5 au 10 août à Edmonton et mettra en vedette les meilleurs espoirs du repêchage de la LNH 2025 dans une compétition rassemblant la crème de la crème des moins de 18 ans. Les billets unitaires sont maintenant en vente à partir de seulement 20 $ par match, et plusieurs forfaits de billets sont également offerts.

Pour de plus amples renseignements ou pour acheter des billets, veuillez visiter le CoupeHlinkaGretzky.ca.

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Kelly Paton with the BFL Canada Women in Coaching logo.

L’importance du mentorat

À ses débuts en entraînement, l’ancienne joueuse Kelly Paton a pu compter sur l’aide de ses mentors pour prendre confiance en elle derrière le banc

Shannon Coulter
|
03 July 2024

Les coulisses du hockey ont toujours attiré Kelly Paton. Même quand elle était joueuse, elle tentait à chaque occasion d’approfondir ses connaissances auprès du personnel entraîneur, s’intéressant notamment à l’appui que recevaient les étudiantes-athlètes lorsqu’elle évoluait avec l’équipe de l’Université du New Hampshire.

Cet intérêt n’est pas passé inaperçu, et son sens du hockey non plus. C’est d’ailleurs ce qui a incité son entraîneur-chef Brian McCloskey à l’orienter vers l’entraînement. Pour lui, Paton était une entraîneuse dans l’âme.

« Il me répétait sans cesse que c’était naturel chez moi », se rappelle Paton, lauréate nationale d’un Prix des entraîneuses BFL CANADA dans le volet haute performance. « C’est vrai que l’intérêt était là, mais la suite n’était pas claire dans mon esprit. Je cherchais un moyen de rester impliquée au hockey. Il faut dire que les possibilités comme joueuse étaient limitées au-delà des rangs collégiaux pour moi, alors devenir entraîneuse m’apparaissait comme la meilleure solution. »

Paton a passé les six dernières saisons en tant qu’entraîneuse-chef de l’équipe de hockey féminin à l’Université Wilfrid-Laurier. Originaire de Woodstock, en Ontario, elle est issue d’une famille où le sport occupe une place de choix. Lorsque son grand frère a commencé à jouer au hockey, elle a voulu suivre ses traces.

« On passait beaucoup de temps à jouer dans la rue à la maison. Je finissais toujours devant le filet, à tenter de bloquer les tirs de ses amis. C’est probablement là que mon intérêt est né. »

Paton a commencé à jouer aux côtés des garçons dans sa ville natale avant de passer au hockey féminin avec les Devilettes de London. Après sa dernière année de hockey mineur, elle a passé quatre ans au New Hampshire, où elle a été capitaine et fait partie des trois finalistes pour le prix Patty-Kazmaier à sa dernière saison en 2009-2010.

« Mon passage chez les Wildcats m’a apporté une bonne dose de confiance. Non seulement en mes capacités comme joueuse, mais aussi dans les possibilités devant moi. Je voulais l’occasion de m’impliquer et de contribuer au développement d’autres joueuses. C’est là que j’ai compris que j’avais un bon sens du hockey, et que cela cadrait parfaitement avec l’entraînement. »

Kelly Paton coaches the Laurier women's team during a break in play.

Si elle se savait prête pour cette nouvelle discipline au terme de ses études de premier cycle, Paton hésitait entre s’y adonner bénévolement et en faire une carrière proprement dite. Après avoir obtenu un diplôme d’études supérieures de l’Université Mercyhurst et habité quelque temps sur l’île de Vancouver, elle a pris la décision de rentrer chez elle, dans le sud-ouest de l’Ontario, et de s’impliquer dans le sport qu’elle aimait tant.

Elle a alors renoué avec ses racines dans le hockey mineur en acceptant un rôle d’entraîneuse au sein du programme junior des Devilettes. Paton rend crédit à Dwayne Blais, l’un de ses mentors à ses débuts en entraînement.

« J’étais entraîneuse-chef, mais il m’a beaucoup aidée en m’apprenant comment gérer les conflits et les attentes, et surtout, à préparer des plans d’entraînement qui favorisent le développement de l’athlète. »

Après avoir repris contact avec l’un de ses entraîneurs dans le junior, Paton a eu l’occasion de se joindre à l’Université Western à titre d’entraîneuse adjointe.

« J’arrivais dans un contexte où les Mustangs venaient de remporter le titre national. On peut donc dire que les attentes étaient élevées. Heureusement, nous avons continué sur cette lancée, et l’équipe est demeurée parmi les meilleures dans le réseau du SUO. »

Paton a conservé ce poste pendant deux ans avant d’être promue entraîneuse-chef à l’Université Western. Puis, elle a rejoint Wilfrid-Laurier avant le début de la saison 2018-2019.

« Nous venons de conclure une excellente saison. Nos leaders ont été remarquables en me donnant l’espace nécessaire pour que je puisse bien accomplir mon travail. Difficile de demander mieux. Oui, les attentes envers nous sont élevées. Wilfrid-Laurier a une longue tradition d’excellence au hockey, et c’est à nous de perpétuer cette tradition. La progression demeure notre priorité, notre objectif. Et à mon avis, nous sommes sur la bonne voie, en grande partie grâce aux joueuses au sein de notre programme. »

Kelly Paton looks on from the bench.

 L’une des plus grandes leçons tirées durant son parcours d’entraîneuse au sein du réseau U SPORTS a été l’importance d’adapter sa façon de communiquer à chaque joueuse de l’équipe.

« Dans les rangs universitaires, il peut devenir difficile de changer constamment son style d’enseignement dans l’espoir de rejoindre chacune des 25 joueuses et de repartir avec le sentiment d’avoir fait ce qui était au programme cette journée-là. Mais au fil du temps, j’ai compris que ça faisait partie du processus. Plus jeune, j’ai dû m’habituer à suivre l’évolution de chaque joueuse au quotidien. Et le seul moyen d’y arriver, c’est de poser des questions, d’où l’importance d’une bonne communication. »

Nouer des relations s’est révélé un élément clé dans le parcours de Paton, elle qui poursuit son développement comme entraîneuse et se dit reconnaissante du soutien qu’elle a reçu en cours de route.

« Cet appui a été déterminant, puisque cela m’a permis de prendre confiance en moi. Je pense à certaines personnes plus particulièrement, qui m’ont aidée à définir mon propre style en tant qu’entraîneuse et communicatrice, et à parfaire mes connaissances. Dwayne a eu une grande influence sur moi, tout comme Rachel Flanagan. Sans oublier Brian, mon entraîneur dans les rangs collégiaux. Je lui parle encore aujourd’hui, 14 ans plus tard. »

Pour celles qui songent à se lancer comme elle en entraînement ou qui aspirent à poursuivre leur progression comme entraîneuses jusqu’à la haute performance, deux mots viennent à l’esprit de Paton : honnêteté et imputabilité.

« Quand une erreur survient, c’est important d’en assumer la responsabilité. Si certains éléments nous donnent du fil à retordre ou nécessitent des éclaircissements, c’est là que le mentorat devient utile. Il n’y a rien de mieux que de pouvoir faire appel à quelqu’un de neutre qui nous aide à prendre des décisions sans aucun parti pris.

« Je me sens chanceuse d’avoir été aussi bien entourée. C’est justement ce qui m’a permis de garder confiance en moi malgré les erreurs. Cette confiance, elle finit par se répercuter sur les joueuses. »

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Deux Canadiens admis au Temple

Shea Weber et Colin Campbell font partie de la cuvée 2024 du Temple de la renommée du hockey

Jason La Rose
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26 June 2024

La cuvée 2024 aura une saveur légèrement canadienne lors de la cérémonie d’intronisation au Temple de la renommée du hockey cet automne.

Des sept noms annoncés mardi, deux viennent du pays de l’unifolié – Shea Weber sera admis dans la catégorie des joueurs, tandis que Colin Campbell fera son entrée en tant que bâtisseur.

Regardons les nouveaux membres de plus près…

Shea Weber est l’un des défenseurs les plus décorés de l’histoire d’Équipe Canada, fort de deux médailles d’or olympiques, une médaille d’or au Championnat mondial de l’IIHF et au Championnat mondial junior de l’IIHF, en plus d’un titre de la Coupe du monde de hockey.

L’athlète originaire de Sicamous, en Colombie-Britannique, a porté l’uniforme orné de la feuille d’érable à six reprises, remportant les grands honneurs chaque fois, sauf au Championnat mondial 2009 de l’IIHF, où le Canada a mis la main sur la médaille d’argent.

Malgré tout, c’est à ce Mondial masculin 2009 qu’il a offert sans aucun doute sa meilleure performance sur la scène internationale. Il a terminé au premier rang des pointeurs parmi les défenseurs avec 12 points (4-8—12) en sept rencontres, ayant été nommé Meilleur défenseur et à l’équipe des étoiles des médias.

Weber a fait partie de l’équipe de rêve qu’a été celle du Canada au Mondial junior 2005, remportant l’or, et par la suite, au Championnat mondial 2007 de l’IIHF, il a répété l’exploit après sa deuxième saison dans la LNH. Trois ans plus tard, il a récolté six points (2-4—6) en sept matchs pour aider le Canada à gagner l’or olympique à Vancouver. En 2014 à Sotchi, il a obtenu une autre médaille d’or olympique, terminant le tournoi avec six points (3-3—6) en six affrontements.

C’est là qu’il a offert sa plus grande contribution à Équipe Canada en marquant le but de la victoire en troisième période dans un gain de 2-1 en quart de finale aux dépens de la Lettonie.

Weber n’a pas brillé uniquement à l’international. Il a été trois fois finaliste au trophée Norris (2010-2011, 2011-2012, 2013-2014), a gagné le trophée Mark-Messier pour le leadership (2015-2016) et a été invité au Match des étoiles de la LNH à six reprises. Il a porté le « C » chez les Predators de Nashville (2010-2016) et les Canadiens de Montréal (2018-2022).

Colin Campbell, qui est premier vice-président directeur des activités hockey à la Ligue nationale de hockey depuis 1998, a passé cinq décennies dans les rangs de la LNH à titre de joueur, entraîneur et dirigeant.

Natif de Tillsonburg, en Ontario, Campbell a joué 636 matchs avec Vancouver, Pittsburgh, Colorado, Edmonton et Detroit. Il a aussi passé 12 saisons derrière le banc de Detroit et des Rangers de New York, aidant les Rangers à mettre fin à une disette de 54 ans sans Coupe Stanley en 1994, lorsqu’il était entraîneur associé de l’équipe. Lors des trois saisons suivantes, il a occupé le poste d’entraîneur-chef.

Au cours des 26 dernières années, Campbell a contribué à façonner le hockey tel qu’il est pratiqué aujourd’hui en faisant sa marque au sein des services des activités hockey, de l’arbitrage et de la centrale de recrutement de la LNH.

Weber et Campbell seront admis lors de la cérémonie d’intronisation le 11 novembre au Temple de la renommée du hockey à Toronto. Natalie Darwitz, Pavel Datsyuk, David Poile, Jeremy Roenick et Krissy Wendell-Pohl recevront le même honneur.

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Dans mes propres mots : Emerance Maschmeyer

La gardienne de l’équipe nationale féminine se confie sur sa vie avec sa partenaire Geneviève Lacasse, la fondation d’une famille, son rôle de pionnière dans la LPHF et l’importance d’être soi-même

Emerance Maschmeyer
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15 June 2024

Geneviève et moi avions décidé de ne pas faire de coming out officiel. Nous avions plutôt simplement choisi de publier des photos de notre mariage en juillet dernier. Nos proches – les personnes les plus importantes dans nos vies – étaient déjà au courant de notre relation.

Nous étions sceptiques à l’idée d’en faire une grosse histoire d’affirmation. Nous avons pensé que publier des photos de notre mariage serait une façon amusante de dire : « C’est nous. Nous sommes maintenant mariées ». Comme n’importe qui le ferait. Nous étions rendues là. Nous voulions le dire, sans peur. La vague d’amour et de soutien qui a suivi notre publication était si grande, et ça a été très inspirant d’en constater l’impact.

Nous avons une plateforme et une influence. Plusieurs suivent nos aventures. Les personnes qui sont derrière nous sans hésitation, nous les voulons dans nos vies. Nous tenons à maintenir un lien avec elles. Pour les autres, ce n’est pas plus grave que ça.

Nous savions que notre dévoilement pourrait avoir une influence. Une influence positive. Nous espérions pouvoir aider d’autres personnes qui vivent une situation similaire. Je crois qu’on avait le courage, à notre âge, d’aller de l’avant pour raconter notre histoire. Nous avons tout le soutien dont nous avons besoin. Après coup, pour nous, la question était de savoir comment nous pouvions aider les autres maintenant.

Annoncer publiquement notre relation nous a libérées d’un énorme poids qui, sans qu’on en soit conscientes, pesait sur nos épaules. Aujourd’hui, je sens vraiment que nous sommes ouvertes à l’idée d’engager des conversations à propos de notre relation. Nous n’avons pas peur d’être nous-mêmes. Tout ça a été une aventure gratifiante pour nous. Ça fait seulement un an que nous avons officialisé notre union, et nous nous amusons tellement depuis. Nous sommes un couple. Et les gens le savent.

Geneviève et moi avons commencé à nous fréquenter en 2015. Ça n’a pas été trop long avant que je parle à ma sœur de notre relation. Geneviève était la première femme dans ma vie. Donc, avant de l’annoncer à toute ma famille, je voulais m’assurer que notre couple soit solide. C’est ce que j’aurais fait pour n’importe quelle relation.

J’étudiais à Harvard à ce moment. Mes coéquipières et amis à l’école l’ont su assez rapidement. Je voulais le dire à ma famille, mais je voulais l’annoncer en personne. Je ne tenais pas à en faire toute une histoire. Mais je sais bien aussi que, encore à ce jour dans notre société, une personne est hétérosexuelle jusqu’à preuve du contraire. Il faut faire un coming out, raconter son histoire. Je voulais l’annoncer de la façon la plus normale possible, mais je me devais d’avoir des conversations en personne avec ma famille aussi.

Un an après le début de notre fréquentation, j’ai commencé à en parler. Je l’ai dit à mes parents, un à la fois. J’ai fait le tour de ma famille, qui est nombreuse, donc des conversations, il y en a eu beaucoup! J’étais jeune (j’avais 20 ans), donc je ressentais pas mal de nervosité, mais mes proches m’ont manifesté un si grand soutien. J’ai retenu de chacune de mes discussions que ma famille était là pour moi et qu’elle allait m’aimer coûte que coûte. Je sais que ce n’est pas tout le monde qui a cette chance, mais je suis vraiment bénie des dieux d’avoir une famille qui me soutient quoi qu’il arrive. Tout le monde était juste heureux que je sois en amour.

Nous avons hésité à en parler publiquement, mais ça n’avait rien à voir avec notre orientation sexuelle. C’était plus en raison de notre implication avec l’équipe nationale féminine. Nous n’étions pas vraiment friandes à l’idée que les nouvelles autour de nous soient à propos de notre relation ou de notre orientation. Nous voulions qu’elles portent sur le hockey et nos performances.

C’est assurément un défi lorsqu’on pratique la même profession que sa partenaire. Au début, nous avons convenu que, à plus d’un égard, notre relation devait primer sur le reste. Mais il nous fallait aussi réserver une place de choix à notre carrière au hockey. Non pas d’une manière égoïste, mais plutôt… Si tu fais tout ce que tu peux pour être sélectionnée à une équipe et que tu es disposée à jouer, et que je fais tout ce que je peux pour être sélectionnée à une équipe et que je suis disposée à jouer, et bien notre couple ne fait pas partie de l’équation dans ce cas. Ce sont des facteurs externes qui décideront de notre sort… le personnel entraîneur et de dépistage.

Nous étions ensemble dans cette même aventure. Sur le plan individuel, nous ne ménagions pas les efforts et faisions tout notre possible pour arriver à nos fins. Mais une fois une décision rendue, il n’y avait aucune rancœur entre nous. Nous pouvions éprouver de l’empathie si l’une s’était démarquée par rapport à l’autre, mais en fin de compte, si l’une d’entre nous était désignée pour défendre la cage, nous étions là pour nous épauler.

Nous avons eu quelques obstacles en cours de route. Je n’ai pas été choisie pour les Jeux olympiques de 2018. Elle, oui. Le contraire s’est produit pour les Jeux de 2022. J’étais de l’aventure, mais pas elle. Ça nous a donné de la très belle matière pour apprendre de notre relation. La première fois, quand c’est moi qui ai subi le couperet, nous n’avions pas vraiment les aptitudes pour bien réagir. Je caressais ce grand rêve de jouer aux Jeux olympiques. Alors, que dire à sa partenaire, à celle qui y va, ou à celle qui n’y va pas? C’était une situation complexe à gérer pour nous. Nous nous soutenions mutuellement, alors nous avons senti qu’il valait mieux nous abstenir de parler de hockey. Pour le bien de notre couple.

La deuxième fois, pour les Jeux de Beijing, nous avons appris comment en parler. Nous avons appris à dialoguer dans des circonstances périlleuses. À nous ouvrir franchement à l’autre. Il aurait été préférable que ces situations ne se produisent jamais, mais en fait, elles ont contribué à solidifier notre relation. Nous avons acquis les aptitudes pour bien nous épauler l’une l’autre à travers les tempêtes et communiquer de la bonne façon. Nous avons pris conscience de l’importance de toujours faire mieux dans ces moments.

Au début de l’année 2023, quelques mois après notre mariage, nous avons appris que nous allions avoir un enfant. Par chance, nous avons des amies qui avaient déjà suivi un traitement de fertilité. Nous avons pu leur poser une tonne de questions. Faire plusieurs recherches sur le sujet. Nous vivions au Québec, et heureusement, des mesures financières sont en place pour aider. Et la fécondation s’est faite assez rapidement. Nous en sommes très reconnaissantes.

Ça a été une belle expérience. Nous sommes très heureuses de fonder notre famille et d’accueillir notre petit garçon. Nous attendons ce moment depuis si longtemps. Étant donné nos carrières sur la glace, ce n’était pas une possibilité, surtout sans les salaires et la sécurité financière d’une ligue professionnelle. Mais aujourd’hui, je joue dans la LPHF, et Geneviève occupe un emploi stable à titre de responsable des commandites et des ventes de la ligue. Il y a longtemps que nous avions goûté à une telle sécurité et stabilité. Nous sommes emballées de fonder notre famille.

Nous souhaitons que notre garçon grandisse auprès de femmes fortes. Et nous sommes certaines qu’il sera un être respectueux des femmes et que lorsqu’il verra des athlètes féminines, il ne verra que des athlètes tout court.

Le dévoilement du sexe de notre bébé est un souvenir récent qui me revienten mémoire constamment! J’étais assise dans l’autobus avec Emily Clark lors d’un voyage cette année, et nous nous sommes mises à discuter de la façon dont nous pourrions l’annoncer Geneviève et moi. Des idées ont germé. Puis, nous avons réalisé qu’une course à obstacles avec l’équipe pourrait être très amusante. Nous sommes passés d’un duel Clark contre Jenner, à un duel Équipe gars contre Équipe fille.

Geneviève et moi, nous voulions vivre l’effet de surprise, donc nous avons donné aux autres membres de l’équipe le lien vers la confirmation du sexe de notre bébé. Un jour, après un entraînement, Clarky et Jenner ont expliqué le déroulement de la course. Tout a si bien fonctionné!

La dernière année a été un vrai tourbillon. Le mariage, l’annonce de la création de la LPHF, ma signature avec Ottawa, la nouvelle de notre enfant, le lancement de la ligue, la conquête d’un autre championnat… c’est difficile de croire que tout cela s’est passé dans les 11 derniers mois seulement.

C’est tellement incroyable, l’élan que nous donne la LPHF, l’appui des partisans et partisanes, le soutien de partout, les investissements et la visibilité. Et la croissance que nous avons connue à notre première saison seulement. Mais la fierté que j’ai ressentie chaque fois que j’ai sauté sur la glace avec mes coéquipières à Ottawa cette saison… je n’ai pas de mots pour décrire à quel point c’est spécial.

Évidemment, il reste encore beaucoup de chemin à parcourir pour atteindre l’équité et la parité, mais nous avons fait quelques pas de géant au cours des dernières années. Même à l’échelle locale, il y a un effet d’entraînement généré par la LPHF pour que les femmes s’initient au sport et continuent de le pratiquer.

À nos matchs, je vois des jeunes (pas seulement des petites filles, mais aussi des petits garçons) qui nous perçoivent simplement comme des athlètes qui pratiquent le hockey. Ces jeunes ne nous considèrent pas comme des joueuses de hockey féminin. Garçons et filles voient simplement leur avant ou cerbère modèle. On n’entend pas : « Tu es ma gardienne de but favorite… au hockey féminin. » C’est fantastique de voir l’évolution de l’état d’esprit. Et il y a tant de jalons à venir.

Puisque c’est le Mois de la fierté, un événement qui a une grande signification pour moi, je voulais conclure sur ce sujet.

Individuellement, tout le monde peut faire une introspection et trouver des pistes d’amélioration. Je pense que souvent, des présomptions sont faites lorsque deux personnes se rencontrent pour la première fois. Mais nous pouvons faire mieux en laissant l’autre raconter son histoire au lieu de l’étiqueter en lui disant : « Tu es ceci ou tu es cela. » Il peut être intimidant d’être soi-même. Les idées préconçues sont un frein.

Malheureusement, il y aura toujours de la haine sur Internet. À l’ère des médias sociaux, c’est inévitable. Mais je pense qu’autant que possible, nous devons nous accrocher à l’amour et au soutien, et veiller à ce que les voix bienveillantes, aimantes et encourageantes l’emportent sur les voix négatives.

En tant que personne en couple avec une personne du même sexe, je suis parfois un peu timide ou hésitante de montrer la vraie version de moi-même. Mais aux personnes de notre communauté, je dis : soyez aussi braves que possible. Soyez vous-mêmes. Si vous participez aux conversations et que vous laissez aller votre vraie personnalité, les mentalités commenceront à changer lentement. Une personne à la fois.

Nous avançons dans la bonne direction. Et c’est ensemble que nous continuerons de le faire.

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Mordre dans sa nouvelle vie grâce au hockey

Bridget Vales n’avait jamais entendu parler du hockey avant de déménager en Saskatchewan depuis les Philippines; aujourd’hui, le sport du Canada meuble son quotidien

Katie Brickman
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24 May 2024

Bridget Vales a eu un premier contact avec le hockey lorsqu’elle a assisté à une séance d’entraînement de son demi-frère peu de temps après avoir quitté les Philippines pour White City, en Saskatchewan. Elle avait huit ans. Et rapidement, elle a eu le goût d’essayer ce sport.

Cette première expérience ne s’est pas déroulée comme prévu.

« Ça a été difficile », confie Bridget, maintenant âgée de 14 ans. « C’était gênant, je participais aux essais, mais je ne savais pas patiner. Je pleurais à l’aréna. Tout le monde était meilleur que moi. »

Elle a fini par être sélectionnée au sein de l’équipe, et de match en match, elle s’améliorait. La saison suivante, alors âgée de neuf ans, elle a été choisie pour jouer avec le club « B » de l’Association de hockey mineur Prairie Storm. Elle a travaillé sans relâche pour améliorer son coup de patin et ses habiletés.

« J’étais heureuse de ma progression, lance-t-elle. Mais la transition n’a pas été de tout repos. »

La passion du hockey est venue naturellement à Bridget. Sa mère, Reynilda Vales, était rapidement tombée en amour avec ce sport à son arrivée au Canada en provenance des Philippines avec un visa de travail de sage-femme en avril 2015. À l’époque, elle n’était pas autorisée à être accompagnée de membres de sa famille, mais après deux ans, elle a obtenu son statut de résidente permanente et a pu faire venir Bridget à Regina en 2018. Son employeur de l’époque l’a initiée au hockey, et c’est là que son histoire d’amour avec le hockey a commencé.

« Je voulais que Bridget puisse aussi essayer ce sport, commente Reynilda. Je suis une mordue de hockey. Je ne passe pas inaperçue dans les estrades avec mes encouragements intenses. Je ne me possède plus dans un aréna. Aux Philippines, on est habitués qu’il fasse vraiment chaud, mais quand les enfants jouent au hockey ici, je ne me soucie pas du froid. »

Là-bas, Bridget mettait l’accent sur ses études. Elle ne s’adonnait à aucun sport. Depuis son arrivée en sol canadien, elle a découvert son côté sportif; elle pratique le hockey, le baseball, la crosse, le badminton, le volleyball et l’athlétisme. Mais c’est le hockey qu’elle préfère.

« J’adore jouer des matchs et rencontrer de nouvelles coéquipières, raconte-t-elle. Ce que je préfère, c’est patiner et donner des mises en échec. Le hockey est mon sport favori, ça me rend tellement joyeuse et fébrile. C’est un sport tellement amusant à pratiquer. »

Le hockey n’est qu’un moyen parmi tant d’autres dont Bridget s’est servie pour mieux comprendre la vie au Canada. Non seulement elle a pu rencontrer de nouvelles personnes et nouer des amitiés, mais cela l’a également aidée à s’adapter à une nouvelle vie, ainsi qu’à une culture, un climat, des aliments, une langue et un système scolaire qu’elle ne connaissait pas.

« Je suis contente que le hockey soit un sport chéri ici. C’est amusant à regarder et à pratiquer, j’aime apprendre des choses sur le hockey. Avec mon équipe, je suis à ma place et je sens que je fais partie de quelque chose de plus grand. »

Reynilda a été une influence importante dans la vie de Bridget. Elle l’a aidée à se débrouiller dans une nouvelle ville et un nouveau pays.

« C’est facile pour moi de guider ma fille, car je suis arrivée ici avant elle et j’ai ressenti le même choc culturel, explique Reynilda. Le hockey est dans nos vies maintenant. Ça nous garde occupés et nous aide à veiller au bien-être des enfants. C’est dans notre quotidien. »

Ce n’est pas évident de faire un changement radical dans sa vie et de déménager dans un nouveau pays, mais le hockey a facilité les choses. Avec les commentaires que Reynilda entend aujourd’hui, elle comprend à quel point Bridget a fait du chemin.

« Les parents me demandent si Bridget a grandi ici en la voyant patiner, témoigne Reynilda. Elle n’a pas l’air de quelqu’un qui vient de commencer à pratiquer ce sport. C’est fou comment elle a progressé. Je pense que c’est parce que le hockey coule dans ses veines. Elle adore ça. »

Reynilda et Bridget ont adopté entièrement le style de vie canadien – apprenant la pêche sur glace et le hockey – mais elles font aussi découvrir leur culture.

« Avant, je me sentais mal à l’aise parce que j’étais différente, mais maintenant, quand les gens savent que je suis une Philippine, ils veulent en apprendre sur moi et ma culture, ils veulent connaître ma langue, dit Bridget. Ça me rend heureuse de m’ouvrir. Comme tout le monde, au hockey, je me sens à la maison. »

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Centennial Cup at Sixteen Mile Sports Complex in Oakville, Ontario

En chiffres : 11 jours à Oakville

Voici quelques faits et statistiques à propos de la Coupe du centenaire 2024, sur la glace comme à l’extérieur de la patinoire

Shannon Coulter
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19 May 2024

Sur 117 équipes au départ, il n’en reste plus que deux : les Blues de Collingwood ou les Mustangs de Melfort soulèveront la Coupe du Centenaire.

À l’approche du couronnement de l’équipe championne nationale du hockey junior A, voici un portait en chiffres des coulisses de la Coupe du centenaire 2024, présentée par Tim Hortons.

3 jeux blancs jusqu’aux demi-finales, inclusivement : Noak Pak de Collingwood (contre Longueuil), Malachi Klassen de Winkler (contre Oakville) et Noah Beaulne du Grand Sudbury (contre Longueuil) ont tous signé un blanchissage.

7jours entre le moment où les Timberwolves de Miramichi ont remporté le championnat de la MHL leur permettant de se qualifier pour la Coupe du Centenaire et leur premier match au tournoi.

16 officiels assignés à la Coupe du Centenaire. L’équipe était formée de personnes venant de tout le pays, d’Edmonton, en Alberta, à Hammonds Plains, en Nouvelle-Écosse.

29tentatives en tirs de barrage; en ronde préliminaire, les Mustangs de Melfort, les Canucks de Calgary et les Timberwolves de Miramichi l’ont tous emporté en tirs de barrage, mais aucune séance ne s’est poursuivie au-delà des cinq rondes requises.

40 jours entre la fin du parcours en séries éliminatoires de l’équipe hôte, les Blades d’Oakville, et leur premier match au tournoi, soit la plus longue pause parmi toutes les équipes participantes (les Canucks de Calgary suivent avec 22 jours).

49 buts marqués en avantage numérique jusqu’aux demi-finales, inclusivement. Spencer Young et Cody Pisarczyk sont les meneurs au tournoi avec trois buts en avantage numérique chacun.

120 bénévoles qui ont œuvré en coulisse pour assurer le bon fonctionnement du tournoi, notamment pour le déroulement des matchs, les services aux équipes et le transport.

121 membres de familles canadiennes qui ont assisté à leur premier match de hockey grâce à un programme de Tim Hortons. Les familles ont reçu des cadeaux de la marque Hockey Canada ainsi que des billets au niveau du centre de la glace et se sont régalées au Tim Hortons après le match.

141 entrevues avec les médias réalisées jusqu’aux demi-finales, inclusivement, notamment pour la diffusion en direct sur HockeyCanada.ca, auprès de médias accrédités de la LHJC et pour des articles de Hockey Canada.

150 membres de l’Association ontarienne des sociétés de l’aide à l’enfance qui ont assisté au match de la ronde préliminaire entre les Bombers de Sioux Lookout et les Mustangs de Melfort pour souligner le Jour des enfants et des jeunes pris en charge, célébré le 14 mai.

167 buts marqués jusqu’aux demi-finales, inclusivement. Elliot Robert des Timberwolves de Miramichi a marqué sept buts en six parties, ce qui le place au premier rang des buteurs du tournoi.

377 laissez-passer remis au personnel des équipes.

678 rondelles utilisées jusqu’aux demi-finales, inclusivement.

1 455 minutes de hockey jouées jusqu’aux demi-finales, inclusivement. Seuls trois matchs ont nécessité plus de 60 minutes : les duels Melfort c. Winkler, Calgary c. Navan et Miramichi c. Winkler sont allés en tirs de barrage.

1 440 bouteilles de Gatorade consommées par les 10 équipes.

1 497 élèves et membres du personnel scolaire qui sont venus encourager les équipes lors des cinq matchs disputés pendant les heures de classe.

9 204 kilomètres parcourus au total par les équipes jusqu’à Oakville (selon Google Maps). La distance la plus courte a été parcourue par les Blues de Collingwood, qui se trouvent à 124,6 km, tandis que les Canucks de Calgary ont parcouru 2 700,50 km pour participer au tournoi.

39 423 photos prises par Heather Pollock et Lori Bolliger, les photographes de Hockey Canada Images, jusqu’aux demi-finales, inclusivement, notamment de l’action sur la glace, des portraits des joueurs, des scènes exclusives en coulisse et des activations des partenaires.

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Molinaro obtient sa chance

Après avoir vécu l’expérience de la Coupe du centenaire à titre de gardien auxiliaire l’an dernier, Julian Molinaro a mené les Canucks de Calgary jusqu’au Championnat national junior A cette saison

Jason La Rose
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17 May 2024

Il y a un an, Julian Molinaro a suivi chaque instant de la Coupe du centenaire depuis le banc de son équipe.

C’est que le gardien de but était l’auxiliaire de Noah Pak, qui a joué chaque seconde des 24 matchs disputés en séries éliminatoires l’an dernier par les Blues de Collingwood, qui ont atteint les quarts de finale du Championnat national junior A du Canada.

Mais cette saison, la situation est bien différente.

Molinaro est de retour au championnat national, mais dans un autre uniforme. Il joue désormais un rôle beaucoup plus important devant la cage des Canucks de Calgary, qui visent à leur tour le titre national.

Et comme le hasard fait bien les choses au hockey, il ne fallait pas se surprendre de voir Pak à l’autre extrémité de la glace lors du premier match de Molinaro et des Canucks le 9 mai.

Aucun des deux cerbères ne voudra ajouter cette rencontre à son palmarès personnel; Molinaro a cédé cinq fois sur 26 tirs, tandis que Pak a été battu à quatre reprises, ce qui marquait seulement la sixième fois en 62 départs qu’il accordait autant de buts. Les Canucks se sont inclinés par la marque de 5-4 dans un duel qui fut surtout l’affaire des unités spéciales.

« À mon arrivée avant la rencontre, j’ai croisé Richard Judges, responsable de l’équipement de Collingwood, raconte Molinaro. Ça faisait drôle. Et d’affronter Noah, Mark McIntosh, Spencer Young et les autres, ça devenait encore plus bizarre. On ne se le cachera pas, je n’ai pas connu mon meilleur match. Sans doute l’une de mes pires performances de l’année, en fait. Mais je ne m’en fais pas trop avec ça. On les reverra, du moins je l’espère. »

Le parcours de Collingwood en 2022-2023 s’est finalement conclu par une défaite de 4-2 aux mains des Jr. Senators d’Ottawa lors du championnat national présenté à Portage la Prairie, au Manitoba. C’était aussi la fin de l’aventure avec les Blues pour Molinaro. Ce dernier avait certes excellé dans un rôle second, cumulant une moyenne de buts alloués de 2,33 et un pourcentage d’arrêts de 0,901 en 20 parties, mais comme Pak serait de retour pour une dernière campagne dans le junior A, Molinaro estimait qu’il était mûr pour un changement. Il voulait une occasion de montrer son savoir-faire comme gardien de but partant.

C’est là qu’est intervenu Brad Moran, entraîneur-chef et directeur général des Canucks, qui a officiellement acquis les droits du gardien le 11 juillet.

« Il n’avait peut-être pas joué durant les séries, mais il avait vécu l’expérience », explique Moran au sujet du passage de Molinaro avec Collingwood. « Il s’amenait d’un club gagnant où joueurs, entraîneurs et autres étaient unanimes à son sujet. Julian était réputé pour son attitude et son éthique de travail exemplaires. On ne pouvait faire autrement que de voir son ajout d’un bon œil. »

Le joueur originaire de Mississauga, en Ontario, a non seulement excellé, il a dépassé les attentes en menant tous les gardiens de but de la Ligue de hockey junior de l’Alberta (AJHL) avec 27 victoires et six blanchissages. Il a terminé la campagne au troisième rang avec une moyenne de buts alloués de 2,60 et un pourcentage d’arrêts de 0,916.

Il a ensuite remporté 12 de ses 15 départs en séries éliminatoires, affichant des statistiques fort impressionnantes (moyenne de buts alloués de 2,56, pourcentage d’arrêts de 0,908) et menant les Canucks à leur premier titre de l’AJHL depuis 1999 et à une première participation à la Coupe du centenaire depuis la conquête du titre national en 1995, le seul dans l’histoire du club.

« Au fond de moi, j’étais convaincu d’avoir les outils nécessaires pour être gardien partant, mais on ne peut être certain tant qu’on n’a pas été placé dans cette position, décrit Molinaro. Il suffisait qu’on me donne ma chance, et c’est ce que Brad a fait. Une belle marque de confiance qui m’a beaucoup aidé et qui m’a permis de prendre mes aises. Ça fait du bien de sentir l’appui de tout le personnel, de toute l’équipe. »

« Il a été selon moi le meilleur gardien de but dans notre ligue cette saison et nous a donné une chance de l’emporter à chaque match, ajoute Moran. Il a su motiver le reste de l’équipe autant sur la glace qu’à l’extérieur. Difficile de demander mieux. »

Deux jours après que les Canucks eurent complété le balayage des Wolverines de Whitecourt pour remporter le titre de l’AJHL, Molinaro s’est officiellement engagé auprès de l’Université Northern Michigan, où il se joindra aux Wildcats à l’automne.

Le portier de 20 ans connaît un succès éclatant dans son nouveau rôle, et personne n’est plus heureux pour lui que son ancien complice.

« C’est quelqu’un qui a une éthique de travail hors pair, l’un des travailleurs les plus acharnés que je connaisse, souligne Pak. Je suis vraiment content pour lui. De savoir qu’il jouera dans les rangs universitaires l’an prochain et de voir tout le succès qu’il connaît cette saison… Ça me rend heureux. »

Pour Molinaro, c’est aussi un retour aux sources à Oakville, ce qui rend le tout encore plus spécial.

Son père Jason et lui étaient jadis des habitués aux matchs des Blades, et lorsque les Canucks ont sauté sur la glace du Sixteen Mile Sports Complex pour la première fois, Molinaro savait exactement où tourner son regard.

« J’ai failli verser une larme. Mon père était juste là, dans le coin où on était toujours assis aux parties des Blades. J’avais sept ans à l’époque, on était dans ces gradins chaque vendredi soir pour voir l’équipe jouer. Toujours assis au même endroit. Et me voilà maintenant sur la glace, avec lui qui me regarde en action, c’est super. On peut dire que la boucle est bouclée. »

Aura-t-on droit à une fin hollywoodienne? Les Canucks croiseront le fer avec les Flyers de Winkler en quart de finale vendredi. L’équipe qui l’emportera aura rendez-vous avec les Mustangs de Melfort en demi-finale.

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Dans mes propres mots : Dampy Brar

L’entraîneur, mentor, instructeur et lauréat du prix Héros de la communauté Willie-O’Ree nous parle de son parcours et de l’importance de laisser sa marque au sein de la communauté sud-asiatique

Dampy Brar
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17 May 2024

Pendant d’innombrables générations, ma famille a vécu au Pendjab, en Inde. C’étaient des gens bien, honnêtes et travaillants. La terre a été cultivée de génération en génération, les traditions et le style de vie se perpétuant au sein de la famille.

Mon père rêvait d’autre chose pour lui-même et sa future famille. Il rêvait de venir au Canada et d’y refaire sa vie, d’explorer de nouveaux horizons. Mais il n’avait jamais imaginé que son rêve au Canada inclurait le hockey.

J’ai un vif souvenir de moi, à quatre ans, assis sur le perron de la maison à Sparwood, en Colombie-Britannique, la ville où je suis né. Je regardais des garçons plus âgés jouer au hockey dans la rue. Ça m’a tout de suite intrigué. Mon père a constaté mon intérêt et m’a acheté un bâton de hockey en plastique avec une lame rose, un manche jaune et un embout en caoutchouc noir, qui venait avec deux rondelles en plastique. Je jouais sans relâche dans notre sous-sol non aménagé, tirant dans une caisse de lait.

Nous avions la chance d’avoir des amis des Indes orientales dont les garçons jouaient au hockey mineur à Sparwood. À l’approche de la saison de hockey, mon père m’a inscrit. Il n’y avait qu’un seul problème : je n’avais jamais patiné.

J’ai eu la chance inouïe d’avoir un excellent instructeur en patinage. Il s’appelait Tander Sandhu et avait 11 ans. Il dit qu’il m’a fallu 15 minutes pour commencer à patiner tout seul, chaussé d’une de ses vieilles paires de patins qui n’étaient même pas à ma taille. À huit ans, j’ai été surclassé pour jouer avec les plus vieux après avoir marqué 21 buts en deux matchs.

J’ai continué à accumuler les buts. Au début de la saison, à 11 ans, une nouvelle règle est entrée en vigueur selon laquelle on ne pouvait marquer plus de trois buts par match. Même si j’étais un bon fabricant de jeu et que je faisais beaucoup de passes, il était bien connu que cette règle avait été créée à cause de moi. Avec le recul, je crois que cela a fait de moi un meilleur passeur. Ma famille se demande toutefois si, sans cette règle, je n’aurais pas reçu encore plus d’attention et de visibilité dans la communauté du hockey.

Je suis né au Canada, et j’adorais tout simplement ce sport. Je voyais tout le monde dans mon équipe et leurs familles de la même manière, mais ce n’est pas tout le monde qui me considérait comme un égal. Enfant, je ne remarquais pas trop les regards et les commentaires. Le racisme m’est apparu lorsque j’avais huit ans. Après mon troisième but lors d’un match, un joueur de l’équipe adverse, qui venait d’une ville voisine, m’a crié quelque chose à plusieurs reprises pendant la mise au jeu contre lui. Un mot qui commençait par P, mais je ne comprenais pas trop.

Après deux autres buts, le garçon a continué à crier le même mot encore et encore. Je peux encore voir ce qu’il portait, les expressions sur son visage et sa colère. Je me souviens de la peur que j’ai ressentie. J’ignorais ce que j’avais fait de mal et pourquoi il était si en colère contre moi. Mon coéquipier m’a expliqué que notre adversaire disait des choses vraiment méchantes à mon sujet. À propos de mon apparence. Les railleries ont continué, mais j’ai réussi à me concentrer sur le jeu et à m’amuser. Après le match, dans lequel j’avais fini par marquer 13 buts, le garçon m’a serré la main et m’a répété ce mot, « Paki », en pleine face.

J’ai rejoué l’incident dans ma tête toute la fin de semaine. Le lundi matin, à la récréation, j’ai demandé à mon ami indien plus âgé, qui jouait aussi au hockey, ce que signifiait « Paki ». Il m’a expliqué qu’on nous appelait ainsi pour se moquer de nous. C’était un nom qu’on m’avait donné en raison de la couleur de ma peau.

Je me suis habitué à l’entendre au fil des ans. Le pire, ça a toutefois été de l’entendre d’un parent lorsque j’avais 15 ans. Juste avant le début d’un match, tandis que le calme régnait dans l’aréna, le père du gardien de but adverse a crié à son fils : « Ne laisse pas ce maud*t Paki marquer! », puis il m’a regardé droit dans les yeux.

Vers la fin de la saison, nous nous sommes rendus dans une petite ville du col Crowsnest, dans le sud de l’Alberta, pour un match. C’était un vendredi soir, et un groupe d’ados était venu encourager leur équipe locale. Au lieu de regarder le match, ils se tenaient à l’écart des parents et me lançaient constamment des insultes racistes tout en faisant des gestes déplacés.

Je n’ai jamais répété ce qu’ils ont dit. Jusqu’à aujourd’hui. Car si l’on espère provoquer un changement, il faut parler ouvertement de ces paroles, de ces gestes. « Retourne chez toi, Paki », « Mets un peu de cari sur la rondelle, ça va t’aider », « Où est passé ton point rouge sur le front? ». Voilà le genre de moqueries que ces jeunes me lançaient. Chaque fois que le jeu sur la glace m’amenait près d’eux, ils se mettaient à frapper sur la baie vitrée depuis les gradins pour me faire peur, pour m’intimider.

Nous avons gagné 6-4 ce soir-là. Mes parents étaient tout sourire sur le chemin du retour, ils trouvaient que j’avais bien joué. Moi, j’étais silencieux, comme engourdi. En rentrant à la maison, les larmes aux yeux, j’ai dit à mes parents, « On s’en fout du match, vous n’avez pas vu ce qui se passait? » Leur réponse? Si je voulais devenir un joueur d’élite et représenter notre culture, c’était le genre de choses auxquelles j’allais devoir m’habituer. Mon père m’a ensuite parlé du racisme qu’il avait lui-même subi dans les rues et au travail. Il voulait m’en protéger, mais malheureusement, ce n’était pas possible.

C’est là que j’ai commencé à penser qu’un jour, je me servirais du hockey pour gagner le respect, et que j’aiderais à mon tour d’autres jeunes issus de la communauté sud-asiatique et leurs familles.

J’avais pour objectif de devenir hockeyeur professionnel. Un chemin parsemé d’embûches, vous l’aurez deviné. Avec des parents immigrants, sans mentor et sans Internet, il était très difficile de m’y retrouver dans le système. Je suis parvenu tant bien que mal à me frayer un chemin dans le junior B, le junior A, jusqu’à l’équipe du Collège universitaire Concordia de l’Alberta à Edmonton. Puis, je me suis mis à douter. Le hockey universitaire était-il vraiment la meilleure voie pour atteindre mon objectif?

Après quelques matchs, un ancien entraîneur dans la LNH devenu agent de joueurs, du nom de Bill Laforge père, est venu nous voir en action. Il a eu la gentillesse de me prendre sous son aile et m’a aidé à atteindre les rangs professionnels aux États-Unis.

En sept ans de carrière, j’ai passé cinq saisons avec les Sabercats de Tacoma dans la West Coast Hockey League (WCHL), où j’ai joué sous les ordres de deux entraîneurs remarquables en John Olver pendant trois ans et Robert Dirk pendant deux ans. Robert et moi sommes aujourd’hui tous deux entraîneurs à l’Okanagan Hockey Academy.

J’estime avoir pris du galon durant ces années, et pas seulement comme hockeyeur. J’ai appris l’importance de m’impliquer dans ma communauté. La ville m’a témoigné beaucoup d’amour en retour, au point d’effacer ou presque l’impact de toute discrimination contre moi. J’ai remporté le championnat de la WCHL avec les Sabercats en 1999 et pris part au match des étoiles de la ligue. J’ai aussi été élu Joueur le plus populaire par les partisans et partisanes à chacune de mes cinq saisons avec le club.

D’autres jalons ont marqué mon parcours, notamment mon rappel par le Thunder de Las Vegas dans la Ligue internationale de hockey (IHL). L’année suivante, j’ai signé un contrat à deux volets avec les Bulldogs de Hamilton dans la Ligue américaine de hockey (AHL), un club affilié à mon équipe favorite, les Oilers d’Edmonton.

En accrochant mes patins à la fin de la campagne 2002-2003, j’ai su que j’avais un nouvel objectif à atteindre. C’était à moi de donner au suivant.

Lorsque mon fils, aujourd’hui âgé de 16 ans, a commencé à jouer chez les Timbits, j’ai décidé de m’impliquer en accompagnant les jeunes de la communauté sud-asiatique et leurs familles, tantôt à titre de mentor, tantôt comme entraîneur, ou simplement en offrant mes conseils. Quelques années plus tard, quand ma fille a commencé à jouer, je me suis impliqué davantage dans le hockey féminin. J’ai même eu la chance de contribuer à bâtir des ponts à l’international lorsqu’une équipe féminine de Leh Ladakh, en Inde, est venue au Canada pour la première fois afin de participer au WickFest, une initiative menée par nulle autre que Hayley Wickenheiser, figure emblématique d’Équipe Canada.

Au bout du compte, c’est ma passion pour le hockey qui m’amène à offrir du soutien et des conseils aux joueurs et joueuses des communautés sud-asiatiques et de diverses origines, à créer des liens dans la communauté, à mettre les jeunes et les parents à l’avant-plan, et à diffuser l’information.

Mon travail auprès de la communauté sud-asiatique m’a valu l’honneur, en 2020, de recevoir le prix Héros de la communauté Willie-O’Ree. Je devenais ainsi le premier membre de cette communauté à remporter un prix de la LNH, ce qui m’a motivé à poursuivre mes efforts pour favoriser la diversité et l’inclusion dans notre sport.

Des équipes de la LNH ont déjà emboîté le pas en tenant des soirées du patrimoine sud-asiatique pour souligner les contributions de notre communauté. J’ai eu le privilège de prendre part aux cérémonies lors de ces soirées organisées par les Kings de Los Angeles, les Jets de Winnipeg, les Oilers d’Edmonton et les Flames de Calgary, soit au sein de la garde d’honneur, soit à la mise au jeu protocolaire.

Il faut du temps pour changer les choses. Mais avec assez de volonté, on y parvient. Ensemble, nous contribuerons à améliorer la culture du hockey et favoriserons l’essor du sport que nous aimons tant. Tout comme dans mon parcours de hockeyeur, depuis l’âge de quatre ans jusqu’à mon dernier match professionnel, il faut faire preuve de persévérance, de résilience.

Car le succès est une œuvre qui reste à jamais inachevée.

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Pour plus d'informations :

Esther Madziya
Responsable, communications
Hockey Canada

(403) 284-6484 

[email protected]

 

Spencer Sharkey
Responsable, communications
Hockey Canada

(403) 777-4567

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Jeremy Knight
Responsable, communications organisationnelles
Hockey Canada

(647) 251-9738

[email protected]

 

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